QUE SONT-ELLES DEVENUES ?

Chaque mois, l’équipe de Pro Elle Tennis vous donnera des nouvelles d’une ancienne joueuse. La plupart d’entre elles sont restées en contact avec le monde de tennis. Ce mois-ci, nous avons interviewé Julie Coin, ancienne n°60 mondiale.

1/ Julie, peux-tu nous parler de ton parcours de joueuse professionnelle de Tennis ?
J’ai eu un parcours atypique puisque je suis arrivée sur le tard. J’ai d’abord fait mes études à Clemson en Caroline du Sud avant de commencer sur le circuit à 22 ans. Ça a tout de suite bien marché puisque rapidement j’avais remporté mon 1er 25k (les Contamines en 2005). En 2008, j’ai atteint mon meilleur résultat en GC avec un 3e tour à l’US Open et une victoire au passage sur Ana Ivanovic (alors numéro 1 mondiale). Mon meilleur classement a été 60 mondiale en simple et 49 en double. J’ai eu la chance de vivre de belles choses sur le circuit mais pour moi le meilleur souvenir fut de jouer en Équipe de France ; entendre l’hymne nationale avec le survêtement de l’équipe sur le dos fut vraiment quelque chose de spécial. J’ai mis fin à ma carrière à la fin de la saison 2015, je sentais que mon corps ne pouvait plus, j’enchaînais les blessures et avec le niveau physique actuel des filles, c’était impossible de retourner dans les 100 si je n’étais pas à 100%.

2/ Comment as-tu appréhendé ta reconversion ? 
J’avais anticipé puisque j’avais fait mes études avant de commencer à jouer: Bachelor en mathématiques à Clemson et licence STAPS à Amiens. Mais dès mon annonce de l’arrêt de ma carrière, j’ai eu des opportunités pour entraîner ce qui m’a tout de suite plu et c’est ce que je fais encore aujourd’hui.

3/ Que fais-tu aujourd’hui ?
Je suis entraîneur à la All In Academy Côte d’Azur à Villeneuve Loubet depuis août 2020.

4/ Des conseils pour les jeunes joueuses ?
Le tennis sera toujours une expérience supplémentaire pour votre vie professionnelle mais il ne faut pas délaisser les études pour autant. Il est important de finir le lycée dans un premier temps. Par la suite, suivant votre niveau de tennis atteint, des formations seront possibles ou même pendant votre carrière ; avec la technologie d’aujourd’hui des formations en ligne sont faisables.

5/ Pour finir, un petit mot pour tous ceux qui ne connaissent pas Pro Elle Tennis :
Pro Elle aide et accompagne les joueuses de tennis professionnelles durant leur carrière mais aussi après. C’est une association qui rassemble les joueuses de tennis françaises afin de promouvoir le tennis féminin en France, au niveau local dans les clubs, ligues et national auprès de la FFT.

Interview Mathilde Johansson, ancienne n°59 mondiale (février 2021)

Mathilde Johansson tennis pro1/ Mathilde, peux-tu nous parler de ton parcours de joueuse professionnelle de Tennis ?
J’ai commencé ma carrière professionnelle en 2004, mon meilleur classement a été 59ème mondiale et mon meilleur résultat a été de faire 3ème tour à Roland Garros (2012) ainsi que 2 finales en WTA à Bogota (2011) et Bastad (2012). Mon meilleur souvenir reste ma victoire à Roland Garros contre Petra Cetkovska (n24) sur le court Suzanne Lenglen (2012). J’étais tellement contente de gagner un match sur ce terrain et de pouvoir offrir cette victoire au public, lui qui a toujours été très gentil avec moi et qui m’avait encouragé jusqu’au bout lors de ma défaite quelques années plus tôt sur ce même court alors que j’ai eu 8 balles de match contre Diatchenko (2009). J’ai arrêté ma carrière en mai 2016, cela faisait quelques années que je « galérais » avec des blessures, à chaque fois que je revenais, je me reblessais et j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question, j’avais tout donné.

2/ Comment as-tu appréhendé ta reconversion ? 
J’ai pris la décision d’arrêter ma carrière du jour au lendemain. J’étais au Mexique dans un 25000$ pour gagner des points et juste avant le tournoi je me blesse de nouveau. Je n’avais plus l’énergie de faire ces tournois toute seule et de galérer pour remonter au classement vu que mon corps ne m’aidait pas. J’ai donc décidé d’arrêter ma carrière après Roland Garros, mon tournoi préféré. J’ai commencé ma réflexion sur ma reconversion vraiment le jour où j’ai vraiment arrêté. Je ne savais pas par quel bout prendre cette reconversion, je me suis rapprochée du CNOSF qui m’a proposé de faire un bilan de compétences. Ce bilan de compétence à mis en lumière mon désir de reprendre mes études. J’ai toujours eu ce complexe d’infériorité au niveau des études pendant ma carrière ; une fois cette carrière derrière moi j’en ai donc profité. J’avais en parallèle avec ce bilan de compétences commencé mon DE à la FFT. Je trouvais que c’était une bonne entrée en matière pour reprendre mes études. J’ai eu mon DE en juin 2017 et j’ai commencé mon cursus à l’ESSEC en septembre 2017. Je voulais absolument faire une grande école. J’avais entendu dire qu’il y avait des passerelles avec les grandes écoles pour les sportifs de haut niveau. Effectivement, les grandes écoles sont friandes d’anciens sportifs de haut niveau car ils apportent un regard différent sur les choses, mais cela n’est pas forcément plus facile d’y entrer. Heureusement que je venais de passer mon DE qui m’a donné une équivalence bac +2 sinon je n’aurai jamais été acceptée car je n’avais pas mon bac. J’ai été diplômée de l’ESSEC en septembre 2019.

3/ Que fais-tu aujourd’hui ?
Aujourd’hui je travaille au sein du club des Girondins de Bordeaux. Je suis responsable de l’intégration des joueurs et joueuses pro ainsi que de leurs familles.

4/ Des conseils pour les jeunes joueuses ?
Il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à sa reconversion. Ce n’est pas parce que vous pensez à l’après que vous n’êtes pas dans le présent. Vous gagnerez juste un peu de temps une fois votre carrière finie, car une fois que l’on arrête, on arrête aussi de gagner de l’argent et le temps est compté. Le cheminement peut être long pour trouver ce qu’on a envie de faire après. Surtout ne pas hésiter à poser des questions et se renseigner.

5/ Pour finir, un petit mot pour tous ceux qui ne connaissent pas Pro Elle Tennis :
C’est une vraie aide pour toutes les joueuses françaises ; que ce soit du conseil pour celles qui démarrent ou pour celles qui s’arrêtent. Du soutien aussi car il y a toujours des regards bienveillants ce qui est important. C’est aussi une aide financière pour les jeunes joueuses qui se lancent sur le circuit grâce aux tournois partenaires si importants pour l’association. Le tennis est un sport individuel et c’est agréable d’avoir une association dernière nous pour nous conseiller, nous défendre et nous faire connaître!

Interview Stéphanie Cohen-Aloro, ancienne n°7 française (janvier 2021)

1/ Stéphanie, peux-tu nous parler de ton parcours de joueuse professionnelle de Tennis ?
J’ai commencé le tennis à l’âge de 3 ans au Racing Club de France ; je jouais au mur toute seule. Mes parents n’étaient pas sportifs du tout ! J’ai été détectée par le club puis la ligue.
Ensuite j’ai continué et suivi le schéma fédéral de la ligue puis la FFT. Vers l’âge de 18 ans, j’ai décidé de prendre un entraîneur dans le privé. J’ai été 60ème mondial au mieux et 50 en double. J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe de France victorieuse de la Fed Cup en 2003 à Moscou avec Amélie, Mary, Emilie et Nathalie. Cela a été une chance énorme de faire partie de cette équipe avec de grandes championnes.
Mon meilleur résultat en Grand Chelem est un 3ème tour à RG en 2007. Après 12 ans sur le circuit j’ai arrêté ma carrière en 2011.

2/ Comment as-tu appréhendé ta reconversion ? 
C’est un sujet qui m’a toujours préoccupé. En 2006, j’ai intégré Sciences Po dans le cadre de la formation des sportifs de haut niveau. J’ai fait 5 ans là-bas où j’ai obtenu un certificat de professionnalisation. Cela m’a permis de m’ouvrir à d’autres choses et d’apprendre beaucoup. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai effectué un stage de 9 mois à la direction de la communication corporate chez Accor. J’ai été embauchée et pendant 1 an je me suis occupée de la communication opérationnelle des hôtels MGallery en Europe. Pour me former au monde de l’hôtellerie opérationnelle, je suis partie 10 mois au Sofitel de Quiberon pour développer des programmes sportifs. En 2014, j’ai intégré les équipes de Molitor en tant que directrice adjointe du club avec pour mission principale d’ouvrir le club Molitor et suis devenue en 2016 directrice du Club & Spa. J’ai fait 10 ans chez Accor cela m’a permis d’acquérir une belle expérience professionnelle et d’apprendre chaque jour dans différents domaines : gestion d’équipe, gestion de budget, stratégie commerciale, gestion opérationnelle, gestion de clients …

3/ Que fais-tu aujourd’hui ?
Après 10 ans chez Accor et 7 ans à Molitor, j’avais envie d’autres projets, ils sont en réflexion. Affaire à suivre 😊

4/ Des conseils pour les jeunes joueuses ?
De bien s’entourer, de profiter de chaque moment, de s’investir à fond, de travailler beaucoup et de garder le plaisir et l’exigence quotidiennement.

5/ Pour finir, un petit mot pour tous ceux qui ne connaissent pas Pro Elle Tennis :
C’est une vraie aide pour toutes les joueuses françaises ; que ce soit du conseil pour celles qui démarrent ou pour celles qui s’arrêtent. Du soutien aussi car il y a toujours des regards bienveillants ce qui est important. C’est aussi une aide financière pour les jeunes joueuses qui se lancent sur le circuit grâce aux tournois partenaires si importants pour l’association.